Mme Angéline Martel, lauréate du prix Camille-Laurin

Mme Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Langue française, Mme Angéline Martel, lauréate du prix Camille-Laurin 2018, directrice de l’Institut Jacques-Couture et du Service d’évaluation linguistique ainsi que professeure titulaire, Université TÉLUQ, et M. Robert Vézina, président-directeur général de l’Office québécois de la langue française et président de la Commission de toponymie.

Pour qu’une langue traverse le temps et les époques, il faut qu’elle soit parlée et qu’elle sache évoluer au gré des innovations caractérisant les sociétés où elle est en usage. À l’origine de l’apprentissage et de la perpétuation de toute langue se trouvent aussi les personnes qui l’enseignent. Ces pédagogues s’emploient chaque jour à allumer de petites étincelles chez leurs élèves en les invitant à partager leur passion des mots. La lauréate du prix Camille-Laurin 2018, Mme Angéline Martel, s’est fait un devoir, au cours de sa brillante carrière, de jouer ce rôle de protectrice de notre patrimoine linguistique.

Cette détentrice d’un doctorat pluridisciplinaire en éducation, sociolinguistique, philosophie du langage et sociologie de la connaissance à l’Université de l’Alberta s’est tournée vers l’enseignement supérieur pour transmettre son savoir. Elle a d’abord enseigné à l’Université McGill, puis à l’Université Concordia, avant de se joindre à l’Université TÉLUQ, en 1988. Là, elle s’est spécialisée dans l’enseignement des langues en autonomie guidée, une méthode d’enseignement qui vise à faire participer activement les étudiantes et les étudiants à leur apprentissage, ce qui constitue, selon elle, un gage de succès pour maîtriser une langue.

En plus de son rôle d’enseignante, Angéline Martel occupe différentes fonctions à l’Université TÉLUQ qui lui permettent d’agir à titre de maître d’œuvre de projets destinés à favoriser l’accroissement de la présence et de l’utilisation du français au Québec. Soulignons, entre autres, ses fonctions de directrice du Département de sciences humaines, lettres et communications ainsi que de directrice du Service d’évaluation linguistique.

Au fil des ans, cette femme d’exception sera à l’origine ou responsable de vingt-quatre cours de langues et de didactique des langues de même que de huit programmes associés à ces mêmes domaines. Le dernier en date vise à offrir aux personnes nouvellement arrivées au Québec une formation pour apprendre le français conçue sur mesure.

Toujours très active dans le milieu de l’enseignement supérieur, Angéline Martel donne à penser qu’il est encore loin, le jour où elle passera le flambeau. En 2017, elle a d’ailleurs mis sur pied, avec l’aide de ses collègues professeurs de l’Université TÉLUQ, l’Institut Jacques-Couture, dont elle assume la direction depuis sa création. L’Institut est nommé en l’honneur d’un homme qui a passé sa vie à vouloir répondre à des besoins sociaux par la compréhension et la connaissance des langues, des cultures et des peuples. À l’image de celui-ci, la nouvelle instance dirigée par Mme Martel a pour mission de soutenir les innovations en enseignement, en recherche et en service à la collectivité.

Depuis le début de sa carrière, Mme Martel s’emploie à diffuser les fruits de ses recherches dans de nombreux livres, monographies et articles publiés dans des revues scientifiques. Ces écrits portent notamment sur les droits linguistiques, l’éducation dans un contexte linguistique minoritaire, les modèles d’apprentissage, la didactique des langues et les politiques d’aménagement linguistique. Cette pionnière de la diffusion scientifique électronique a prononcé plus d’une centaine de communications et de conférences scientifiques sur ces sujets à travers le monde. Son sens de l’innovation de même que les retombées positives de ses réalisations ont particulièrement retenu l’attention du jury.