Mme Joséphine Bacon, lauréate du Mérite du français dans la culture

Mme Suzanne Aubry, présidente de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois, Mme Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Langue française, Mme Sophie Prégent, présidente de l’Union des artistes, Mme Joséphine Bacon, lauréate du Mérite du français dans la culture 2018, auteure et poétesse, M. Mathieu Plante, président de la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma, et M. Robert Vézina, président-directeur général de l’Office québécois de la langue française et président de la Commission de toponymie.

Lauréate du Mérite du français dans la culture 2018, Mme Joséphine Bacon se fait un devoir, où qu’elle soit, de replonger dans sa mémoire pour puiser parmi ses souvenirs les plus lumineux et les faire partager par l’entremise des différentes formes d’art dans lesquelles elle s’investit.

Depuis son arrivée à Montréal il y a de cela cinquante ans, Mme Bacon est animée par la même volonté, celle de combattre l’oubli et la disparition de la langue, des traditions, des connaissances et de la culture de ses ancêtres, les Innus.

Tour à tour interprète, traductrice, narratrice et réalisatrice, son chemin croise celui de la poésie seulement en 2008.

La poésie de cette auteure est imprégnée d’un respect profond pour la nature. Ses vers sont épurés, presque incantatoires. Dans des mots justes emplis d’autodérision et d’optimisme, ils rendent hommage au territoire et à l’histoire des premiers peuples, porteurs d’une tradition millénaire. Sous ses mots envoûtants, provenant d’une langue belle et simple, se trouvent en filigrane des thèmes qui lui sont chers, comme la vieillesse, le temps qui passe, la sagesse et le désir de s’inscrire dans sa culture d’appartenance. Bien que l’appel de ses racines soit toujours bien présent dans sa poésie, elle réalise un hommage à l’urbanité dans son tout dernier ouvrage paru au mois de septembre 2018.

Soulignons que Joséphine Bacon a une façon bien à elle d’écrire sa poésie : elle rédige d’abord son texte en innu, puis le réécrit en français. Il ne s’agit pas ici d’une traduction, mais d’une adaptation de ses écrits à la réalité de chaque langue. De cette manière, Mme Bacon cultive un dialogue original entre les langues et les cultures, fécond pour la littérature d’ici. Elle impose ainsi sa voix singulière dans la littérature amérindienne francophone au Québec.