La plume VOLUBILE

Être volubile, c’est parler abondamment, avec aisance. L’adjectif volubile, dans son sens premier, qualifie cependant une tige grêle qui s’élève en s’enroulant autour d’un support. De prime abord, les deux termes paraissent fort distincts. Pourtant, aussi charmante que puisse sembler à première vue la volubilité de votre interlocuteur ou interlocutrice, sa loquacité peut se transformer en béquille si sa confiance repose sur cette capacité à converser. Son discours, telle une liane en quête d’un tuteur, cherchera à vous accrocher, voire à vous emberlificoter. Il sera peut-être alors préférable de garder vos distances et d’abandonner votre camarade à ses envolées lyriques. Le cas échéant, prenez une grande inspiration et laissez-vous emporter par cette volubilité. Partagez avec cette personne votre passion pour les mots et savourez les délices d’échanger avec adresse dans une joute gracieuse et chantante.

Le texte suivant prend pour point de départ le mot volubile. Fruit de l’inspiration de l’auteur David Goudreault (La bête à sa mère), il a été écourté et on lui a ajouté dix erreurs que vous devrez repérer. Pour ce faire, vous n’avez qu’à cliquer sur le mot qui vous semble erroné. Une fenêtre s’ouvrira alors et il vous suffira de modifier le mot en question, avant de cliquer sur le bouton Modifier. Une fois toutes les corrections apportées, cliquez sur le bouton Corriger. Deux textes apparaîtront : la version initiale avec les fautes soulignées et la version corrigée. Bonne chance!


VOLUBILE

Sachez que ce texte ne s’arrête pas là. Prenez connaissance de la suite dans le texte Volubile, rédigé par l’auteur David Goudreault.

Dis-moi dix milles mots de chez nous, de québécois, de vernaculère, d’Amérique francophone, de langue bouturée fleurissant au sommet de la francophonie. Enracine notre trajet commun, défriche les routes de notre portage et rappelle-moi les voyages de nos phrases fait corps vivaces, paroles vivantes. Drôle de bibitte, rappelle-nous l’unicité de nos horizons, de nos animaux sauvages, de nos arbres encore debouts malgré la monoculture envahissante du dialecte monétaire. Ne me laisse jamais m’encabanner dans ma propre carcasse, empêche-moi de m’étouffer en avalant ma langue de travers. Kayak prêt à fendre le sens, fais glisser ta parole volubile sur le sexe offert et affamé de ma curiosité, trempe ta langue dans l’oreille de notre histoire, fais-nous jouir en créole, en espéranto, en joual, en masse! Laisse courrailler les sons les plus doux, les plus durs, les plus forts entre nous. Et encore, permets-nous de canoter vers les horizons à refaire. Même si ça grafigne, prend-moi par le cœur, par les tripes, fais-moi grimper toutes les collines, toutes les montagnes susceptibles de faire plâner ma voix, bourlinguer mes cris, dériver mes chuchottements jusqu’à bon entendeur. Sans niaiser, j’ai tant à dire. Les ancêtres de mes aïeuls ont sculpté tant de mots. Mes arrières-grands-parents ont tricoté tant de phrases. Mes parents ont patenté tant d’expressions. Mon héritage est immense, lourd comme un paquebot, plus fragile qu’un radeau, il se déploie et devient armada; ma langue traverse les océans.

Dis-moi dix mille mots de chez nous, de québécois, de vernaculaire, d’Amérique francophone, de langue bouturée fleurissant au sommet de la francophonie. Enracine notre trajet commun, défriche les routes de notre portage et rappelle-moi les voyages de nos phrases faites corps vivaces, paroles vivantes. Drôle de bibitte, rappelle-nous l’unicité de nos horizons, de nos animaux sauvages, de nos arbres encore debout malgré la monoculture envahissante du dialecte monétaire. Ne me laisse jamais m’encabaner dans ma propre carcasse, empêche-moi de m’étouffer en avalant ma langue de travers. Kayak prêt à fendre le sens, fais glisser ta parole volubile sur le sexe offert et affamé de ma curiosité, trempe ta langue dans l’oreille de notre histoire, fais-nous jouir en créole, en espéranto, en joual, en masse! Laisse courailler les sons les plus doux, les plus durs, les plus forts entre nous. Et encore, permets-nous de canoter vers les horizons à refaire. Même si ça grafigne, prends-moi par le cœur, par les tripes, fais-moi grimper toutes les collines, toutes les montagnes susceptibles de faire planer ma voix, bourlinguer mes cris, dériver mes chuchotements jusqu’à bon entendeur. Sans niaiser, j’ai tant à dire. Les ancêtres de mes aïeuls ont sculpté tant de mots. Mes arrière-grands-parents ont tricoté tant de phrases. Mes parents ont patenté tant d’expressions. Mon héritage est immense, lourd comme un paquebot, plus fragile qu’un radeau, il se déploie et devient armada; ma langue traverse les océans.